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Témoignages

Québécois aujourd’hui, je veux devenir prêtre !


Abandonner une brillante carrière en génie mécanique, un avenir prometteur dans le monde de la course automobile et plein de biens matériels, comme la maison, pour se consacrer à Dieu. C’est le choix qu’a fait Martin Bilodeau, âgé de 34 ans, engagé dans sa troisième année de formation spirituelle au sein de la communauté Marie-Jeunesse de Lennoxville. Oui, il sera éventuellement ordonné prêtre !

« Et ça n’a rien d’un coup de tête. C’est clairement réfléchi. Je ne vois pas ça comme un sacrifice car j’ai quitté une vie qui ne me nourrissait pas. Avec ma décision de suivre le Seigneur, je n’ai pas choisi un chemin de ouate sans embûche mais un parcours qui donne maintenant du sens à ma vie », exprime avec enthousiasme celui qui a longtemps promené sa valise entre Toronto et l’Estrie, d’où il est originaire, avant de voir la lumière au bout du tunnel.

C’est justement à Toronto qu’il a eu son premier choc. C’était lors des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de 2002, avec la visite de Jean-Paul II.

« Les JMJ, je n’y connaissais rien et c’est un peu par curiosité ou pour me dire que j’avais vu un grand visiteur (le pape) que j’y étais allé. Sauf qu’en voyant ces centaines de milliers de jeunes l’accueillir et surtout l’espoir et le message personnifiés par cet homme si fort et si vivant malgré la maladie (Parkinson), cela a été un point marquant dans ma vie, une sorte d’éveil », raconte Martin Bilodeau.

Mais il lui faudra cinq ans avant qu’il ne « pile sur un râteau », comme il dit lui-même, et que tout soit clair. Car malgré un retour à Sherbrooke, un nouvel emploi chez BRP de Valcourt, une entreprise, bref, le succès professionnel et l’argent, rien ne vient combler le vide qu’il ressent. « C’était noir, je ne voyais rien en avant, à part de brûler du gaz. Puis après avoir demandé de l’aide à Dieu, j’ai rencontré quelqu’un en 2007 qui m’a invité à venir ici (à l’auberge de Marie-Jeunesse), juste pour voir. Et là, après une prière, j’ai vécu un feu intérieur, quelque chose d’irrésistible. J’ai fait une première année d’évangélisation et cela a clairement confirmé mon choix, celui de vivre une vie consacrée à l’appel de Dieu », exprime avec émotion Martin Bilodeau.

Dans son entourage, c’est partagé, entre l’appui, dont celui qu’il obtient de la part de sa famille, et d’autres pour qui, en raison de son potentiel professionnel, il fait une erreur. « Mais moi, j’ai décidé de grandir dans l’authenticité. Avec la relation que j’ai maintenant avec mon Dieu, je suis très heureux de mon choix. Je ne doute pas », a-t-il aussi confié avec une sincérité bien sentie.

Article écrit par François Gougeon, extrait du journal la Tribune daté du 31 décembre 2009.

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